Formation d’initiateur

Après l’obtention de mon niveau 4, j’ai décidé de me lancer dans la formation d’initiateur, qui est le 1er niveau d’enseignement en plongée !

Devenir « initiateur », ça sert à quoi ?

Quand on veut apprendre la plongée, il y a plusieurs cursus qui existent :

  • le cursus proposé par la FFESSM (Fédération Française d’Études et de Sports Sous-Marins), un cursus français reconnu partout grâce aux équivalences avec la CMAS
  • le cursus ANMP (Association Nationale des Moniteurs de Plongée, un cursus français également, similaire à celui de la FFESSM mais proposé par un autre organisme
  • les cursus américains comme PADI ou SSI, reconnus et utilisés partout dans le monde, mais moins appréciés en France

Quand on débute en plongée dans un milieu français, c’est difficile de s’y retrouver et de comprendre les différences ! Pourtant tous les cursus sont là pour apprendre à plonger, les différences se retrouvent dans les méthodes, et la philosophie.

J’ai choisi pour ma part le cursus FFESSM, un peu par hasard au début j’avoue. Mais il me convient parfaitement, j’aime la rigueur et la façon d’y apprendre la plongée. C’est un cursus qui propose plusieurs niveaux de plongeurs :

  • le niveau 1, pour débuter la plongée en étant encadré par un guide de palanquée jusqu’à 20m de profondeur
  • le niveau 2 où on découvre l’autonomie jusqu’à 20 mètres, et la plongée profonde jusqu’à 40 mètres encadré
  • le niveau 3 qui permet d’accéder à l’autonomie complète jusqu’à 60 mètres
  • le niveau 4 – guide de palanquée, qui permet d’encadrer les niveaux 1 et 2 jusqu’à 40 mètres
  • le niveau 5 (un peu à part) qui permet d’être directeur de plongée d’exploration

Ces niveaux ont un peu été remaniés récemment pour parler plutôt de compétences (PA12, PE40…), mais les niveaux restent encore pas mal utilisés, et surtout en Nouvelle-Calédonie pour les compétences PA et PE ne sont pas reconnus par les textes locaux.

Les niveaux de plongeur ne permettent pas de former les plongeurs, c’est un autre cursus pour les moniteurs :

  • E1 : accessible à partir du niveau 2 de plongeur, il permet (en gros) de former des niveaux 1 jusqu’à 6m de profondeur, principalement en piscine, et de faire des baptêmes
  • E2 : comme le E1, mais il peut également former des plongeurs niveau 2 jusqu’à 20 mètres. Il faut être niveau 4 pour pouvoir être E2.
  • E3 : peut enseigner tous les niveaux de plongeur jusqu’à 40m de profondeur. Cela correspond à la formation MF1 (Moniteur Fédéral 1er degré)
  • E4 : ce sont les MF2, qui peuvent enseigner à tous les plongeurs jusqu’à 60 mètres, mais également à tous les moniteurs de plongée

Les niveaux E1 et E2 correspondent à la même formation, qu’on appelle « Initiateur« . On devient E1 ou E2 en fonction du niveau de plongeur qu’on a, et c’est donc le premier niveau qui permet d’enseigner la plongée dans ce cursus !

Ayant obtenu mon niveau 4 quelques semaines plut tôt, je me lance dans cette formation d’initiateur dans l’espoir de devenir E2 et de pouvoir proposer des baptêmes, et former niveaux 1 et 2 d’ici la fin de l’année :p

Note : Il y a d’autres brevets intermédiaires, complémentaires ou pour un public différent (plongée enfant, handi, TSI, nitrox, trimix…), j’ai fait au plus simple pour l’explication 😉

Le déroulement de la formation

La formation a commencé par un « week-end initial », pendant lequel on fait uniquement de la théorie :

  • réglementation
  • pédagogie générale
  • pédagogie pratique

L’idée est de commencer à bien connaître les formations niveaux 1 et 2, de savoir comment les organiser, comment préparer et dispenser une séance de formation, et dans quel cadre réglementaire tout ça se fait (en particulier en Nouvelle-Calédonie avec sa double réglementation…). J’ai donc passé 2 jours au CTOS à Nouméa pour étudier tout ça, faire des exercices et essayer de comprendre ce qu’on allait attendre de moi à l’examen 2 mois plus tard. A la fin de ce premier stage, les moniteurs décident pour chaque candidat si nous sommes aptes à poursuivre la formation ou pas. Tous les candidats ont pu continuer la formation, et on nous a remis un livret de suivi du stage d’initiateur dans lequel noter toutes les séances auquel nous allions assister par la suite.

Le détail de la formation d’initiateur comme présentée dans le MFT

Car les 2 mois suivants n’ont pas été de tout repos ! Chaque lundi et chaque mardi, rendez-vous à la piscine (Ouen Toro le lundi, Rivière-Salée le mardi) pour travailler un ou plusieurs thèmes abordés pendant la formation niveau 1 :

  • la présentation du petit matériel : palmes, masque, tuba, ceinture de plombs…
  • les différents types de palmage (ventral, dorsal, costal, et de sustentation)
  • les techniques de mise à l’eau (saut droit et bascule arrière)
  • les techniques d’immersion (phoque et canard)
  • l’initiation à l’apnée
  • le scaphandre, gréer et dégréer, capelage et décapelage
  • la dissociation bucco-nasale et le vidage de masque
  • le baptême de plongée
  • le lâcher-reprise d’embout, la panne d’air
  • la stabilisation avec le gilet, et avec le poumon-ballast
  • évaluation des compétences
  • remédiation (quand un élève éprouve des difficultés sur un exercice en particulier)
  • l’organisation d’une séance en piscine ou d’une formation niveau 1 : pédagogie organisationnelle

Sans oublier de s’entraîner à l’épreuve physique du mannequin (c’est exactement la même qu’au niveau 4, pas de stress pour moi pour celle là, juste vérifier régulièrement que je sais toujours le faire !), et de valider les quelques autres épreuves physiques à faire pendant la formation (nage 100m sans palmes ni masque, sauvetage d’un mannequin avec et sans scaphandre…). Le programme était donc dense et a duré 8 semaines, soit 16 séances en piscine.

C’est une formation intéressante, mais j’avoue avoir mis du temps à en cerner le sens, car les épreuves me semblent un peu différentes de ce qu’on attend réellement d’un moniteur avec ses élèves. J’ai eu l’occasion d’accompagner une vrai formation niveau 1 avec mon club un peu avant l’examen, et ça m’a finalement beaucoup aidée à comprendre ces différences et pourquoi les épreuves étaient faites de cette façon ! Il faut en effet pouvoir évaluer les candidats initiateurs sur leur attention à la sécurité, leurs compétences pédagogiques et leurs connaissances du cadre réglementaire, mais les épreuves ne peuvent pas durer autant qu’une vrai séance de formation, et les élèves ne sont pas de vrais élèves… Comprendre ce contexte particulier et le but de la formation et de l’examen permet de mettre en place une scène réaliste et de jouer le jeu de façon plus sereine. Je conseille donc vivement à tous les candidats de suivre une vraie formation niveau 1 avant de passer l’examen d’initiateur !

L’examen

L’examen s’est tenu début novembre sur 2 soirées en piscine, sur les mêmes créneaux et lieux que la formation pendant les 8 semaines. J’avais hâte de passer cet examen depuis quelques jours, mais des soucis personnels ont fait que je n’étais pas au meilleur de ma forme ce lundi là, j’avais globalement du mal à me concentrer et à être attentive aux détails. J’ai donc fait de mon mieux en espérant que ça serait suffisant, mais je n’ai pas vraiment pu apprécier cette fin de formation.

Réglementation

La première épreuve était théorique : réglementation. Une dizaine de questions assez classiques sur le cadre réglementaire, les prérogatives, la FFESSM, les responsabilités civiles et pénales… J’avais déjà pas mal étudié le sujet pour la formation niveau 4, et j’avais un peu révisé. Je me suis installée dans un coin pour être bien tranquille, je pense avoir pas trop mal réussi même si je sais que j’ai oublié plusieurs choses.

Pédagogie pratique

La suite de l’examen dépendait d’un tirage au sort d’un numéro pour savoir quelle épreuve chaque candidat allait faire, et avec quel jury. J’ai tiré le numéro 1 et ma 2ème épreuve a donc été la pédagogie pratique : mener une séance de formation avec un (faux) élève. Je suis tombée sur le jury A composé de 2 moniteurs, j’ai donc dû gérer 2 faux élèves en fait. J’ai tiré le sujet : « validation du niveau 1« . Pendant 30 minutes, j’ai préparé ma séance, avec l’aide du Manuel de Formation Technique du niveau 1 pour essayer de ne rien oublier ! J’ai vraiment essayé de me concentrer et de faire au mieux sans me laisser polluer par les soucis de la journée, j’avoue que les 30 minutes n’étaient pas de trop pour arriver à faire quelque chose d’à peu près cohérent. Bon, heureusement c’est un sujet que j’avais fait en formation 2 semaines plus tôt, j’avais donc une idée des erreurs principales à éviter.

Après la préparation, c’est parti pour le briefing, et on se met à l’eau. Les 30 minutes de cette séance me semblent longues, j’ai pas très envie d’être là… les (faux) élèves ne sont pas hyper attentifs… l’un deux n’arrive pas à lire son manomètre correctement, l’autre refuse de faire un exercice puis le fait mais sans respecter les consignes que j’avais données… sans parler de leur stabilisation très approximative. Plutôt réaliste en fait ! On finit par remonter, on fait le débrief dans l’eau pour pas avoir trop froid, et c’est enfin fini…

Les moniteurs partent à l’écart pour discuter, j’essaye de pas trop regarder comment ils discutent pour pas me mettre la pression, mais je trouve ça long, je me dis que j’ai probablement raté des trucs, mais j’ai vraiment pas assez d’énergie pour y penser trop longtemps, alors je passe à la suite.

Mannequin

C’est l’épreuve physique du mannequin, comme au N4, mais en piscine. Normalement ça devrait aller, mais je me sens tellement épuisée physiquement et psychologiquement, je me dis que je vais pas chercher la performance, juste terminer l’épreuve sans rien d’éliminatoire ça serait déjà pas mal. J’essaye de m’échauffer avant l’épreuve, mais j’ai l’impression d’étouffer dans ma combi, je me sens essoufflée avant d’avoir commencé, et je me rends compte que j’ai oublié ma ceinture de plombs et que donc je tiendrai jamais les 20 secondes d’apnée au fond. Heureusement on m’en prête une, et pendant que je la mets mon masque tombe au fond de la piscine… pfffff. Je vais le chercher, mais je suis blasée.

C’est le même mannequin qu’au niveau 4… on commence à bien se connaître lui et moi.

Quand vient mon tour, je m’élance en mode pilotage automatique. Heureusement que je me suis entraînée assez à cette épreuve parce que j’aurais jamais pu la faire s’il avait fallu que je réfléchisse. J’ai pas du tout cherché à aller vite, mais je sais que j’avais de la marge. Je ne sais pas si j’ai fait tous les signes, mais j’ai tenu les 20 secondes d’apnée même si ça m’a paru bien long. Et je ne crois pas avoir immergé la tête du mannequin, donc normalement rien d’éliminatoire, c’était l’objectif.

C’est la fin des épreuves pour cette séance, je rentre chez moi épuisée, mais je sais qu’il reste encore une dernière épreuve le lendemain qu’il va falloir assurer…

Pédagogie organisationnelle

Le lendemain soir donc, dernière séance de piscine et dernière épreuve de l’examen avec la pédagogie organisationnelle. C’est une épreuve pour laquelle je me suis assez peu entraînée, je sais pas trop ce que ça va donner. Je suis toujours la candidate n°1, je commence donc l’épreuve dans la 1ère rotation en même temps que  2 des autres candidats. Je tombe sur un sujet où je dois proposer l’organisation complète d’une formation niveau 1 en piscine.

Encore un gros sujet, 30 minutes pour préparer et le présenter sur un tableau blanc… Encore une fois, j’ai de la chance, la veille en révisant, j’avais réfléchi à une organisation comme ça pour bien me souvenir de l’enchaînement des exercices pour la pédagogie pratique. Puis j’avais aussi en tête la vraie formation que j’avais suivie en partie avec mon club, je ne partais donc pas de 0 et ça m’a pas mal aidée. Je me lance donc sur une organisation en 7/8 séances, sur 1 mois… Comme la veille, les 30 minutes n’étaient pas de trop ! J’arrive tout juste à finir mon organisation et les moniteurs arrivent pour la présentation orale.

L’organisation d’une formation niveau 1 que j’ai présentée lors de l’examen d’initiateur

On a normalement 10 minutes pour la présentation, et les moniteurs ont 20 minutes pour poser des questions. Au bout de 4 minutes de présentation orale, j’ai déjà plus rien à dire… On passe donc aux questions. Ils en trouvent plein, j’essaye de répondre comme je peux, c’est intéressant je trouve car je vois tout ce que j’aurais pu dire de plus, tout ce à quoi j’aurais pu penser. Je regrette presque de pas avoir noté toutes les questions en fait. 15 minutes plus tard, eux non plus n’ont plus rien à dire, on s’arrête donc là même s’il reste du temps. Je sais pas si c’est une bonne chose ou pas, mais bon de toutes façons c’est terminé maintenant.

Résultats

D’autres candidats devaient passer après moi, et le jury devait délibérer, ce qui fait que nous avons pas mal attendu avant de découvrir le verdict des résultats. Puis ce fut enfin le moment de l’annonce : j’ai réussi l’examen ! 3 autres des 6 candidats l’ont obtenu également, mais 2 ont été invités à le repasser en session de rattrapage dans quelques semaines.

Je suis contente, me voilà donc E2, mais ce n’est finalement que le début, la formation ne donne que les bases et il reste désormais à acquérir de l’expérience en formant réellement des plongeurs ! Et je n’ai pas attendu longtemps passer à la pratique en conditions réelles, mon club avait une séance de formation niveau 1 prévue le dimanche suivant, j’ai donc pu poursuivre la formation d’un père et son fils de 14 ans sur 2 séances complètes en mer, et c’était super, je suis ravie 🙂 Vivement la prochaine formation, qui devrait arriver très rapidement également il y a de la demande en ce moment !

Et après ?

Après le niveau 4, je ne me voyais pas arrêter les formations de plongée, et j’avais donc fait cette formation d’initiateur. Malgré les difficultés rencontrées, ça m’a beaucoup plu, et je ne compte toujours pas m’arrêter là. J’attends donc de pouvoir m’inscrire à la formation MF1, qui devrait durer plus longtemps (entre 1 et 3 ans), mais je pense que ça va bien me plaire aussi. Il y a également la formation de plongeur niveau 5 qui m’intéresse, qui me permettrait d’être directrice de plongées d’exploration sans avoir à attendre d’être MF1 (si j’y arrive un jour !).

Et puis j’aimerais bien passer mon permis bateau :p Et il y a la formation nitrox confirmé aussi… Bref, j’ai encore largement de quoi faire ! :p RDV en 2020 pour la suite 😉

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One Reply to “Formation d’initiateur”

  1. Continue à raconter ton parcours c’est passionnant !! C’est toujours un plaisir de te lire.

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