Niveau 4 – semaine 10

Théorie

Session d’exercices

La semaine commence avec de la théorie pour une fois ! Avec quelques autres stagiaires, nous nous sommes retrouvés avant d’aller à la piscine pour une session d’exercices. Les cours théoriques sont bien complets, et on arrive généralement à faire les exercices en rapport avec le cours qu’on vient de voir, mais 2 semaines plus tard c’est une autre histoire !

Le but était donc de faire des exercices, des calculs en tous genre, pas forcément liés à un cours en particulier, comme à l’examen en fait. Pour s’entraîner, j’ai trouvé des annales de sujets théoriques N4 sur le site du CIBPL. Il y a des dizaines de page d’exercices avec les corrigés, c’est super ! Nous en avons fait quelques-uns, mettant notamment en application la loi de Mariotte, celle décrivant les liens entre la pression et le volume des gaz.

Le principe de la loi de Mariotte

J’ai bien apprécié cette petite séance, c’était un peu le déclic pour moi de penser à appliquer les formules apprises plutôt que d’essayer de réfléchir uniquement à comment tourner le problème dans ma tête pour qu’il paraisse logique (surtout quand ça marche pas !). Une bonne façon de réviser tous ensemble, à refaire !

Un plongeur est équilibré, en surface (poids réel = poussée Archimède). Il introduit 6 litres d’air dans son gilet à 40 mètres pour se rééquilibrer. Quel volume d’air le plongeur aura-t-il dans son gilet à 20 mètres ?

Loi de Mariotte : P1 x V1 = P2 x V2 (P pour pression, V pour volume)

  • P1 = 5 bars (la pression à 40 mètres)
  • V1 = 6 litres (l’air injecté dans le gilet à 40 mètres)
  • P2 = 3 bars (la pression à 20 mètres)
  • V2 = le volume d’air à 20 mètres : c’est ce qu’on cherche

5 x 6 = 3 x V2
V2 = (5 x 6) / 3 = 10 litres
=> Le plongeur aura 10 litres d’air dans son gilet à 20 mètres

Cours théorique

Le cours de la semaine portait sur la dissolution des gaz, dont découle les tables de désaturation par exemple. J’avais déjà lu la partie correspondant dans Plongée Plaisir N4, mais je ne m’étais pas penchée sur les calculs exacts des modèles haldaniens décrits.

Un peu de code

Du coup, en attendant le cours, je me suis dit que je pourrais essayer de regarder ça plus en détail, et de développer un script pour reproduire les tables MN90 qu’on utilise en plongée pour savoir quels paliers de décompression faire en fin de plongée, en fonction du temps passé sous l’eau, de la profondeur atteinte, mais aussi du mélange qu’on respire (c’est différent si on respire de l’air ou un mélange nitrox enrichi en oxygène par exemple). Bon, je vous passe les détails du code, mais en gros j’ai été obligée de m’arrêter à l’étape où on détermine la profondeur à ne pas dépasser lorsqu’on remonte, donc la profondeur du premier palier.

Les calculs ne sont pas si complexes, mais on se rend vite compte qu’il y a une partie empirique qui n’est ni de la théorie ni des calculs : on a constaté que ça marchait mieux avec ces valeurs et voilà. Le calcul des temps de palier est également sujet à discussion, et il est difficile de savoir réellement laquelle est utilisée pour les tables MN90. Je pourrais creuser encore un peu, mais en fait ça n’a que peu d’intérêt, je me suis donc arrêtée à en comprendre le principe sans pouvoir le calculer de façon sûre. Pour les curieux, voilà le script que j’ai fait : script mn90.py

Un exemple de calcul avec mon script

Le cours

Du coup, après avoir fait ce script et étudié en détail le fonctionnement des tables et des calculs sous-jacents, je dois avouer que je me suis un peu ennuyée pendant le cours théorique. Ça m’apprendra à vouloir tout faire sans attendre… C’est toujours intéressant malgré tout d’avoir une seconde explication, ça permet d’être un peu plus sûre de ce que j’ai compris. J’ai pu aussi poser les questions sur la suite du modèle que je n’avais pas forcément bien compris : comment se passe la désaturation, comment effectuer le calcul quand la période n’est pas complète… Le problème de tout ça, c’est que maintenant j’ai bien compris comment ça fonctionne, et ça m’a donné envie d’améliorer mon script.

J’ai même eu une idée pour aller encore plus loin, c’est de créer un genre de simulateur d’ordinateur de plongée en ligne, où on pourrait en quelques sortes dessiner sa courbe de plongée, et ça calculerait la saturation pour chaque compartiment au fur et à mesure de l’avancée de la plongée. Un truc dans ce genre :

Une idée d’interface pour simuler un ordinateur de plongée basé sur le modèle haldanien (les données sont incohérentes, c’est juste un dessin)

Bon, même si cette idée a occupé mon esprit une bonne partie de la nuit suivante, j’essaye d’apprendre de mes erreurs : je ne vais pas le faire tout de suite :p En plus, tous ces calculs ne sont pas réellement demandés pour le niveau 4, c’est vraiment juste pour m’amuser donc on verra, peut-être même j’arriverai à ne pas le faire du tout ! 😀

Avec tout ça, j’ai oublié de parler de l’info principale du cours, qui est quand même la Loi de Henry. Cette loi explique que les gaz et les liquides échangent des molécules en fonction des pressions de chaque gaz dans chacun des milieux. Une petite vidéo d’exemple avec du coca quand on le met sous vide :

Vu qu’il n’y a plus de molécules dans l’air autour du coca (puisqu’on on a enlevé l’air), les molécules dans le coca se mettent à sortir du liquide pour aller dans l’air : c’est l’ « ébullition » que l’on voit. En plongée c’est pareil quand on remonte, sauf que du coup on a pas trop envie que ça arrive dans notre sang par exemple alors on fait des calculs pour l’éviter, d’où la création des tables MN90, des ordinateurs de plongée, et des scripts qui m’occupent l’esprit :p

Entraînement

Lundi, piscine du Ouen Toro

Il commence à faire froid et y’a du vent, on grelotte au bord de la piscine en attendant que ce soit l’heure… Mais ça finit toujours par arriver ! :p Une fois ma nouvelle combinaison 3mm enfilée, je n’ai plus du tout froid ^^ L’eau de la piscine est chauffée en plus, c’est presque trop même…

une piscine sous les étoiles, chauffée, et sans personne dedans (ou presque)

800 mètres à fond

Pas d’échauffement, j’attaque direct un 800 mètres chrono. Comme en mer samedi, j’ai l’agréable impression de glisser sur l’eau sans trop d’effort. Les premiers 100 mètres sont bien trop rapides je le sais, j’essaye de ralentir pour ne pas avoir de point de côté comme la semaine précédente. Mais quand même je veux avancer 😀

Un nageur est devant moi et m’empêche d’aller plus vite. Je le suis pendant 100 mètres, en me disant qu’au moins ça m’obligera à pas aller trop vite et tenir la distance. Ça finit par m’énerver, alors je le double. Du coup je dois palmer 2 fois plus fort, j’arrive bien à le doubler mais ma respiration s’est fortement accélérée ! J’essaye de récupérer tout en continuant à avancer, le chrono tourne quand même :p

Je me retrouve rapidement avec un autre plongeur devant moi… cette fois ci je ne me fais pas avoir, je le double lors du retournement au bout de la longueur en m’arrêtant 3 mètres avant :p Pas très élégant, mais efficace 😀

Il me reste plus qu’à tenir la distance, je dois être à à peine plus de la moitié. Je fonce, aidée par ma combi (et tout ce que j’ai mangé ce week-end ? ça aide probablement pour trouver l’énergie… :p). J’ai toujours un peu d’eau qui entre dans mon tuba, ça me gène souvent pour respirer, alors presque à chaque fin de longueur je relève la tête pour essayer de le vider. Ça marche pas à tous les coups :p

J’arrive au bout des 800 mètres, j’arrête mon chrono : 13 minutes et 40 secondes ! Je suis stupéfaite, j’ai fait 1 minute de moins que la semaine dernière, et 40 secondes de moins que la 1ère fois. Je sais pas si c’est la combi, mais c’est efficace :p

Puis j’ai pas froid, j’ai même très chaud dans ma combi ! Ça me rassure pour l’épreuve à Lifou dans la mer froide d’août :p

Apnée dynamique et statique

Après un peu de récup à discuter tranquillement dans l’eau, je repars pour 200 mètres avec les jambes et sur le dos. Certains nageurs s’entraînent avec le mannequin, je compte prendre la suite mais le moniteur nous propose un exercice.

C’est le même que la semaine précédente : 300 mètres d’apnées dynamiques répétée pour se charger en CO2. Je trouve ça toujours aussi difficile, je tiens très mal ces apnées !

On enchaîne avec des apnées statiques, je relève la tête à la première autour de 1 minute et 20 seconde, mais c’est toujours à cause du bruit autour de moi : il s’est mis à pleuvoir d’un coup et nos affaires commencent à prendre l’eau, il faut les déplacer :p
2ème essai : 1 minute 26 ! C’est mon record à ce jour ! 😀
J’aurais bien fait un 3ème essai mais personne avait l’air motivé, alors on est passés à l’apnée statique/dynamique. Le principe c’est de commencer par une apnée statique (de 15 secondes là), et de plonger pour continuer en dynamique le plus loin possible.

Je ne suis pas allée bien loin : ma combinaison me fait trop flotter et je déploie toute mon énergie pour rester au fond. Du coup je me fatigue rapidement et je remonte respirer au bout de 15 mètres environ.

La séance touche à sa fin. J’ai jamais envie de sortir de la piscine, j’y suis bien :p Je fais quelques tests pour améliorer mon canard : je dois penser à garder les jambes bien droites lorsque je plie mon buste, et même tendre les pieds dans le prolongement. Il faudra que je voie si j’arrive à bien le faire à chaque fois maintenant que j’ai compris :p

Mardi, Piscine de Rivière Salée

Théorie de l’apnée

Avant d’entrer dans l’eau, un moniteur présent a pris quelques minutes pour nous parler de comment s’améliorer en apnée. Ça passe par la compréhension de la respiration, et de quelques techniques de relaxation. Il nous a par exemple expliqué comment bien vider et remplir ses poumons, en 2 temps :

  • pour vider : d’abord expirer l’air contenu dans le haut des poumons en réduisant le volume de sa cage thoracique, puis l’air contenu dans le bas des poumons en rentrant le ventre et en élevant son diaphragme
  • pour remplir, inversement : on gonfle l’abdomen pour gonfler le bas des poumons, puis on augmente le volume de sa cage thoracique pour le haut des poumons

Ça donne un peu l’impression d’avoir 2 poumons et de pouvoir rentrer 2 fois plus d’air 😀 Il a également insisté sur l’importance de bien respirer avant l’apnée, mais pas trop : simplement une respiration lente, en utilisant le volume courant uniquement (jamais d’hyperventilation avant l’apnée, c’est dangereux).

La technique la plus importante ensuite concerne la relaxation :

  • physique d’abord, en essayant de relâcher chaque muscle de son corps pour diminuer au maximum la consommation d’oxygène
  • mentale ensuite : ne penser à rien, ne pas avoir de montre ou de façon de voir le temps passer.

J’avoue que c’est cette dernière partie la plus difficile pour moi, mon cerveau part dans tous les sens avant même que j’en prenne conscience, et c’est ensuite difficile de rattraper les choses et de faire le vide. Tout s’enchaîne ensuite, la notion du temps qui passe qui donne l’impression à chaque seconde de durer une éternité, et je sors la tête de l’eau quelques secondes plus tard. Souvent, je me rends bien compte que physiquement, j’aurais pu rester plus longtemps pourtant…

La piscine de rivière salée à 19H30 quand on se met à l’eau

500 mètres jambes

Après cette introduction théorique et 200 mètres d’échauffement, je me lance dans un petit 500 mètres uniquement avec les jambes. Au début ça brûle toujours beaucoup, dès 50 mètres à peine. Puis en fait après ça s’atténue, j’arrive à bien avancer sans que ça fasse trop mal non plus. Il va vraiment falloir que je refasse un capelé dans de bonnes conditions physiques pour voir ce que ça donne !

Apnée (j’ai battu mon record d’apnée statique !)

Un peu d’apnée dynamique pour continuer, j’ai toujours du mal à parcourir les 25 mètres. Ma nouvelle combi flotte beaucoup trop, j’ai du mal à rester au fond. J’essaye en plaçant le plomb plus bas sur mes hanches, et même à un pied : c’est pire. Je finis par enlever la combi pour l’entraînement d’apnée, j’ai froid mais au moins je reste au fond :p

Je remonte vers 20 mètres sur mes 2 premiers essais, j’arrive à 25 mètres au 3ème. Je tente ensuite avec 15 secondes d’apnée statique avant de plonger, j’arrive à chaque fois aux 25 mètres. Je reste toujours étonnée que cette technique fonctionne aussi bien !

On finit la séance avec de l’apnée statique, et je bats mon record absolu : 1 minute 30 secondes \o/ Je suis contente, même si tous les moniteurs nous annoncent qu’on peut tous faire 2 ou 3 minutes sans soucis, j’y suis pas encore et j’apprécie chaque seconde de gagnée :p

Pratique

Demain, c’est le 2ème week-end de formation pratique dans la baie de Prony. Départ 6H, au programme 4 plongées pour s’entraîner à la DTMR, au guidage de palanquée, à la remontée assistée… Un entraînement à l’apnée est également annoncé, ainsi que du matelotage. J’ai hâte, mais j’ai peur d’avoir froid, je vais emporter plein de couvertures et de vestes polaires pour braver fièrement les 20° annoncés…

Ils annoncent une super météo en plus. Pétole comme on dit !

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